
Je la regardais et ne voyais
Qu'une grande page blanche
comme les grandes plaines
aux hivers de mon enfance
Je courrais vers elle
Et m'enfonçais à chaque pas
ma respiration était courte
haletante...telle celle du loup
Il hurlait dans ma tête
Comme des mots barbares
Où une femme perdue
Gémissait en silence.
Et je courrais vers elle
Bras tendus tête nue
Elle ne me voyait pas
Se berçant doucement
A la faveur du vent .
Les yeux perdus là-bas
Vers des plaines que je ne savais pas..
Et plus je m’approchais
Plus sa plainte était mienne…
Et plus sa plainte était mienne
Et plus l'horizon
Et plus l'horizon s'enflammait
Comme des rêves inaccessibles
Comme son regard
Perdu au loin
Je courrais vers elle
Bras tendus tête nue
Lui offrant le sourire
Que dessinait à ma bouche
Sa plainte complainte
Musique de la neige
Musique du regard et du silence..
Puis le silence se fit
Interminable
Infiniment interminable
Elle dodelinait de la tête
Doucement
Vierge de tout paysage
Enveloppée
D’une robe écrue
De rouge brodée
Par les mains invisibles
Les mains des fées de la nuit
Aux formes déroutantes
Délicieusement attirantes
Douces et pleines
Et mystérieuses
Et odorantes
Et féeriques
Qui me donnaient l’envie
L'envie
Envie d’être enfin moi
Une page blanche et libre
Où chaque mot me dirait une histoire nouvelle
Une page blanche et libre
Blanche comme toi
Libre comme nous….demain
Libre comme le chant d'un oiseau
Qui danse au dessus des grandes plaines de Russie.