Eric Bourgeon emeraude de la rime


   Age : 20 Inscrit le : 21 Fév 2008 Messages : 13 Localisation : Montréal
| Sujet: Jaune 25/02/08, 05:50 am | |
| Je n’y comprends rien. Voilà la phrase qui me bouscule au moment où je m’éveille. Je me serais volontiers lever en sursaut, mais voilà que j’ai peine à lever la tête. La paresse me propose le sommeil et la détente, mais la raison me tourmente : que puis-je bien faire ici? Je tente de relever complètement la tête, procédé beaucoup plus difficile que je ne l’aurais anticipé. Quoi que je puisse espérer, par contre, il me sera impossible de me relever de cette chaise sur laquelle je suis attaché. Je suis prisonnier de ce meuble méprisable.
Je m’efforce, puisque j’en ai vraisemblablement l’obligation, de revenir à mes sens. Je dois savoir ce qui m’entoure, ou devrais-je dire, ce qui m’enveloppe. Je suis en effet noyé dans une fumée telle...Et tous ces hommes autour de moi. Ils sont peut-être une vingtaine vêtus de leurs habits couleur sable, un verre d’alcool dans une main, et un cigare dans l’autre. Ce sont des militaires à en croire leurs médailles épinglées sur leurs complets. Sous cet éclairage bas qui jaunit les murs de la petite pièce dans laquelle nous nous trouvons, ces hommes se parlent tous du bout des lèvres en s’efforçant de garder toujours le même niveau sonore. Je n’ai pas de souvenirs récents ni d’explication à tout ce que je perçois. Je suis désorienté et laissé à moi-même. Ils ne s’occupent pas de moi ces épouvantails ambulants! Je dois m’évader, mais je n’ai aucune chance, emprisonné ainsi. De toute manière, il n’y a pas de fenêtre ou de trappe ou de...porte. Une porte! J’aperçois pour la première fois cette porte qui se dresse devant moi. Peu importe la tournure que prendra la suite des événements, je consentis que cette porte sera assurément mon issu de secours pour le meilleur ou pour le pire.
Je laisse mon esprit divaguer un instant. Je dois trouver une idée, un moyen de m’échapper. Je ne crois pas encore qu’il soit nécessaire de céder à la panique, je dois être logique et efficace. L’espace d’un instant, je cesse d’écouter mes penser pour me concentrer sur ce que j’entends. Des pas? Ils proviennent de l’autre côté de la porte. Ils s’approchent rapidement, à un rythme autoritaire et intimidant. Une puissante lumière découpe le cadrage de la porte l’espace de quelques secondes. Ensuite celle-ci s’entrouvre à sa pleine grandeur ne se referment pas le moindrement. La silhouette d’un homme éclipse la lumière devant moi. Il se précipite vers moi et prend la chaise par le banc et le dossier. Sans même avoir pu entrevoir les traits de son visage, ou décelé le son de sa voix, je me laisse transporter de l’autre côté de la porte vers une clarté aveuglante par cette créature à la respiration sifflante.
À suivre... _________________ Le contrat et la convention, loin de fonder une société, sont présupposés par elle. |
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