rayondesoleil Coquelicot aux vers rubis


   Age : 47 Inscrit le : 29 Avr 2008 Messages : 214 Localisation : Pays de Loire : Campagne nantaise et Pays des Mauges Emploi : Conseil en phyto, aroma, diététique, esthétique et cosmétiques bio Loisirs : lecture, écriture, dessin, voyages, etc.
 | Sujet: Roman noir...et blanc (suite) Mer 28 Mai 2008, 17:31 | |
| Roman noir…et blanc
Perfection…
I Insoumise et volage dans son carcan De promesses rêvées aux chandelles du Soir Déshabillée de « non » et vêtue d’illusoire Elle puise son veto dans l’accomplissement
Hâblerie ou erreur d’un utopique espoir Voisine délicieuse d’un réel défi Elle reprend chaque fois les mailles que défit L’accablante langueur, pour tisser son histoire
Défait, puis refait, parfois même falsifie La réalité nue, suprême pour le rêve… Que le parfait est beau quand tout frais il se lève Pareil à l’explosion que le jour glorifie !
Je me souviens !...j’ai vu l’absence de la trêve Dans la marche en avant des illusions perdues Qui s’entêtent toujours, cherchant dans l’avenue Le numéro des rues dans la Nuit qu’elles grèvent,
Et courir l’horizon des matins disparus Pour attraper au moins un oblique rayon De ce Soleil ami des frêles agrions Et saluer son coucher dans un Ciel incongru.
Dans la Nuit alanguie de voluptueux sillons Bienheureux icelui qui peut avec Amour Saluer son lever plus glorieux qu’un retour Et pouvoir réchauffer son rêve de haillons !
II Mais je poursuis donc là la belle finition De ce temple privé de tous ses serviteurs Céleste édifice à la gloire retrouvée Recherchant l’impossible d’une belle ferveur Dévoué, et souriant avec ostentation.
Mère des jeux latins et douces voluptés Ses baisers sont cristal et sa robe indigo Son front est pâli d’or au bord des autres cieux Et ses larmes versées ont enflé les ruisseaux Poussant jusqu’à la Mer ses éclats enchantés .
Vierge aux corps sublime qui voyage en nos yeux Vérité ou mirage, elle offre sa beauté Que les étoiles figent dans leur admiration Caressant les fruits mûrs de sa nubilité, Et devient ornement que nous offrent les dieux.
Temple sans religieux, sans tabous, sans espions, Qui veulent que les lois du juste et de l’injuste Deviennent des sonnets à l’encre inertielle, Capable de capter l’hybride son auguste Infligeant sans relâche son harmonisation ,
Doucereux et secrets, éparpillés, partiels Comme des baisers d’où jaillissent les cascades Qui se jettent, sans peur, dans des gouffres profonds Courant et sanglotant, dévalant par saccade Les torrents invisibles dégoulinants du Ciel.
III Que nous veulent les lois du pur et de l’impur ? Elles tirent leur pardon de l’éternel martyr Qu’attire loin de nous le radieux sourire Des âmes assidues dont la perfection dure.
Dans les monts interdits d’où s’éveille l’écho -Car depuis lors je veille, reine d’un bel empire- Aimable et noble terre d’où revient son soupir Le pèlerin du jour apporte son écot ;
Offrande à l’accompli dans sa sérénité Il cherche, l’œil troublé, la force du gésir Inventant dans l’espoir le culte du plaisir Si brutal que l’orgueil en punit l’impiété
Ainsi qu’un voyageur qui retourne la tête Vers les horizons bleus enlaidis de délire Il s’imprègne d’images pour mieux s’enorgueillir De n’être point celui qu’on dit analphabète,
Et malgré les honneurs que lui rend l’univers Il s’entête de croire qu’il faille réussir A pousser vers les cieux, des déserts, et saisir Dans ses bras las et vaincus, son cercueil de verre.
IV Etrange perfection dont les yeux amortis Hument voluptueusement le vin de son succès Comme pour recueillir un trop plein de « merci », Tel un baume divin, sous son lourd halecret.
Stupide soit à jamais le rêveur inutile Qui voulu le premier, dans son introspection, S’éprenant d’un obstacle insensé et stérile Aux questions de la Vie, mêler la perfection !
Il ne regarde pas, ainsi là, sa pensée ! Lui qui aime à jamais les simples solutions Qui de vivre ici-bas est chose insensée, Deviendrait par miracle une prédilection !
Qu’elle action bien étrange avons-nous donc commis, Pour ne plus croire en rien, en tout cas de concret, Rien qui ne vaille en fait la peine qu’on s’y mit A cultiver, rageurs, tous nos jardins secrets
« Celui qui veut unir dans un accord mystique L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour, Ne chauffera jamais son corps paralytique A ce rouge Soleil que l’on nomme Amour ! »
Merci Charles, merci, d’avoir un jour permis A nos âmes si faibles d’en frôler l’addiction Car, sans cela, je crains d’avoir un jour, Ami, Toute forme de rêves, porté en affliction !
V Revenons à nos songes, aux chandelles du Soir, Ces plaisirs plus obscurs dont je lève le voile En retournant vers vous mes yeux remplis d’étoiles Qui s’endorment enfin dans vos limbes d’ivoire .
Leurs paupières diaphanes comme des éphémères Qui caressent le Soir les grands lacs transparents Dans les frissons de l’onde aux doux reflets d’argent Répandent, facétieux, leurs acides trimères
Sur des routes mouvantes où des spectres épars En bataillons serrés, cachent les horizons Je m’amuse, parfois, à chercher la raison Des lourdes épouvantes cernées de toutes parts,
Flagellées par un vent qui ne vient pas du Ciel, Bouillonnent pêle-mêle dans mon esprit ouvert Comme une boîte étrange -peint de jaune et de vert- Puis s’enflamment encor dans un âtre de fiel.
En martyre docile, je choisirais pardi ! L’oubli puissant, sauveur de tous mes interdits Mais n’aurais plus jamais la ferme intention De chercher en retour la pure perfection !! ©Nelly _________________ Fiancée de l'Aube |
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