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Roman noir...et blanc (suite)

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rayondesoleil
Coquelicot aux vers rubis
Coquelicot aux vers rubis


Sexe:FémininGémeauxBuffle
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MessageSujet: Roman noir...et blanc (suite)   Mer 28 Mai 2008, 17:31

Roman noir…et blanc

Perfection…

I
Insoumise et volage dans son carcan
De promesses rêvées aux chandelles du Soir
Déshabillée de « non » et vêtue d’illusoire
Elle puise son veto dans l’accomplissement

Hâblerie ou erreur d’un utopique espoir
Voisine délicieuse d’un réel défi
Elle reprend chaque fois les mailles que défit
L’accablante langueur, pour tisser son histoire

Défait, puis refait, parfois même falsifie
La réalité nue, suprême pour le rêve…
Que le parfait est beau quand tout frais il se lève
Pareil à l’explosion que le jour glorifie !

Je me souviens !...j’ai vu l’absence de la trêve
Dans la marche en avant des illusions perdues
Qui s’entêtent toujours, cherchant dans l’avenue
Le numéro des rues dans la Nuit qu’elles grèvent,

Et courir l’horizon des matins disparus
Pour attraper au moins un oblique rayon
De ce Soleil ami des frêles agrions
Et saluer son coucher dans un Ciel incongru.

Dans la Nuit alanguie de voluptueux sillons
Bienheureux icelui qui peut avec Amour
Saluer son lever plus glorieux qu’un retour
Et pouvoir réchauffer son rêve de haillons !

II
Mais je poursuis donc là la belle finition
De ce temple privé de tous ses serviteurs
Céleste édifice à la gloire retrouvée
Recherchant l’impossible d’une belle ferveur
Dévoué, et souriant avec ostentation.

Mère des jeux latins et douces voluptés
Ses baisers sont cristal et sa robe indigo
Son front est pâli d’or au bord des autres cieux
Et ses larmes versées ont enflé les ruisseaux
Poussant jusqu’à la Mer ses éclats enchantés .

Vierge aux corps sublime qui voyage en nos yeux
Vérité ou mirage, elle offre sa beauté
Que les étoiles figent dans leur admiration
Caressant les fruits mûrs de sa nubilité,
Et devient ornement que nous offrent les dieux.

Temple sans religieux, sans tabous, sans espions,
Qui veulent que les lois du juste et de l’injuste
Deviennent des sonnets à l’encre inertielle,
Capable de capter l’hybride son auguste
Infligeant sans relâche son harmonisation ,

Doucereux et secrets, éparpillés, partiels
Comme des baisers d’où jaillissent les cascades
Qui se jettent, sans peur, dans des gouffres profonds
Courant et sanglotant, dévalant par saccade
Les torrents invisibles dégoulinants du Ciel.

III
Que nous veulent les lois du pur et de l’impur ?
Elles tirent leur pardon de l’éternel martyr
Qu’attire loin de nous le radieux sourire
Des âmes assidues dont la perfection dure.

Dans les monts interdits d’où s’éveille l’écho
-Car depuis lors je veille, reine d’un bel empire-
Aimable et noble terre d’où revient son soupir
Le pèlerin du jour apporte son écot ;

Offrande à l’accompli dans sa sérénité
Il cherche, l’œil troublé, la force du gésir
Inventant dans l’espoir le culte du plaisir
Si brutal que l’orgueil en punit l’impiété

Ainsi qu’un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus enlaidis de délire
Il s’imprègne d’images pour mieux s’enorgueillir
De n’être point celui qu’on dit analphabète,

Et malgré les honneurs que lui rend l’univers
Il s’entête de croire qu’il faille réussir
A pousser vers les cieux, des déserts, et saisir
Dans ses bras las et vaincus, son cercueil de verre.

IV
Etrange perfection dont les yeux amortis
Hument voluptueusement le vin de son succès
Comme pour recueillir un trop plein de « merci »,
Tel un baume divin, sous son lourd halecret.

Stupide soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulu le premier, dans son introspection,
S’éprenant d’un obstacle insensé et stérile
Aux questions de la Vie, mêler la perfection !

Il ne regarde pas, ainsi là, sa pensée !
Lui qui aime à jamais les simples solutions
Qui de vivre ici-bas est chose insensée,
Deviendrait par miracle une prédilection !

Qu’elle action bien étrange avons-nous donc commis,
Pour ne plus croire en rien, en tout cas de concret,
Rien qui ne vaille en fait la peine qu’on s’y mit
A cultiver, rageurs, tous nos jardins secrets

« Celui qui veut unir dans un accord mystique
L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge Soleil que l’on nomme Amour ! »

Merci Charles, merci, d’avoir un jour permis
A nos âmes si faibles d’en frôler l’addiction
Car, sans cela, je crains d’avoir un jour, Ami,
Toute forme de rêves, porté en affliction !

V
Revenons à nos songes, aux chandelles du Soir,
Ces plaisirs plus obscurs dont je lève le voile
En retournant vers vous mes yeux remplis d’étoiles
Qui s’endorment enfin dans vos limbes d’ivoire .

Leurs paupières diaphanes comme des éphémères
Qui caressent le Soir les grands lacs transparents
Dans les frissons de l’onde aux doux reflets d’argent
Répandent, facétieux, leurs acides trimères

Sur des routes mouvantes où des spectres épars
En bataillons serrés, cachent les horizons
Je m’amuse, parfois, à chercher la raison
Des lourdes épouvantes cernées de toutes parts,

Flagellées par un vent qui ne vient pas du Ciel,
Bouillonnent pêle-mêle dans mon esprit ouvert
Comme une boîte étrange -peint de jaune et de vert-
Puis s’enflamment encor dans un âtre de fiel.

En martyre docile, je choisirais pardi !
L’oubli puissant, sauveur de tous mes interdits
Mais n’aurais plus jamais la ferme intention
De chercher en retour la pure perfection !!
©Nelly

_________________
Fiancée de l'Aube
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