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maïtala "Fille de reine" -Modératrice

   Age : 32 Inscrit le : 05 Déc 2006 Messages : 3105 Localisation : royaume de la poésie Emploi : Fille de reine
| Sujet: Paul Eluard 23/07/07, 06:30 pm | |
| FACILE
Tu te lèves l'eau se déplie Tu te couches l'eau s'épanouit
Tu es l'eau détournée de ses abîmes Tu es la terre qui prend racine Et sur laquelle tout s'établit
Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel, Tu es partout tu abolis toutes les routes
Tu sacrifies le temps À l'éternelle jeunesse de la flamme exacte Qui voile la nature en la reproduisant
Femme tu mets au monde un corps toujours pareil Le tien
Tu es la ressemblance.
Paul Eluard _________________ Je donne ... On ne me prend rien ... |
|  | | maïtala "Fille de reine" -Modératrice

   Age : 32 Inscrit le : 05 Déc 2006 Messages : 3105 Localisation : royaume de la poésie Emploi : Fille de reine
| Sujet: Sa biographie 23/07/07, 06:31 pm | |
| BIOGRAPHIE trouvée sur : http://www.pierdelune.com/
Éluard, Paul (1895-1952), poète français, l'une des figures majeures du surréalisme. Paul Eugène Grindel, dit Paul Éluard, voit le jour à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Obligé d'interrompre ses études pour rétablir une santé gravement menacée par la tuberculose (1912), il est néanmoins mobilisé en 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale : il devient alors infirmier militaire. Si les premiers poèmes d'Éluard sont encore influencés par la littérature de Jules Romains, ils révèlent surtout les sentiments d'horreur et de pitié qu'ont pu inspirer à un poète désormais en quête de pacifisme les spectacles quotidiens de la guerre (le Devoir et l'Inquiétude, 1917); Poèmes pour la paix, 1918).
En 1919, il s'engage sans réserve dans les activités du groupe surréaliste et sur la voie de l'expérimentation littéraire. Comme la plupart des autres écrivains surréalistes, Éluard montre un intérêt très vif pour les arts plastiques, notamment la photographie et la peinture; ses recueils sont d'ailleurs souvent illustrés par des artistes appartenant à la "constellation surréaliste", auxquels il consacre, en retour, des poèmes (À Pablo Picasso, 1944) ou des essais. Son adhésion au groupe ne l'empêche cependant jamais d'affirmer son goût et son respect pour la poésie du passé - à laquelle il dédie plusieurs anthologies (Première Anthologie vivante de la poésie du passé, 1951) -, ni de défendre son esthétique propre, marquée par une grande clarté et une grande simplicité d'expression,mais aussi par un classicisme - parfaitement assumé - sur le plan formel.
Très vite, Éluard s'impose au sein du groupe comme le poète de l'amour et des émotions. Sa relation tourmentée avec Gala, une jeune Russe rencontrée en 1913 dans un sanatorium suisse et qu'il épouse en 1916, lui inspire le recueil Capitale de la douleur (1926). Gala le quittera pour Salvador Dalí en 1930. C'est au cours d'un voyage autour du monde qu'il fait la rencontre de Maria Benz, dite Nusch, qui devient sa nouvelle épouse et sa muse : elle lui inspire certains de ses plus beaux poèmes d'amour (l'Amour, la poésie, 1929 ; la Vie immédiate, 1932). La mort brutale de Nusch, en 1946, le plonge de nouveau dans le désespoir (Le temps déborde, 1947), puis il se remarie en 1949 avec Dominique (Odette Lemort, 1914-2000), saluant cette renaissance dans son recueil le Phénix(1951). Pour Éluard, le poème d'amour n'est ni un exercice de style ni un simple hommage amoureux; il est une célébration du rôle intercesseur de la Femme, cet être qui constitue pour le poète un lien entre le monde et l'univers poétique : son inspiratrice. Les femmes muses et les espoirs idéologiques constituent les deux engagements existentiels et poétiques de Paul Éluard.
Entré au Parti communiste en 1926, avec la plupart des surréalistes, Paul Éluard en est exclu en 1933. Il n'en continue pas moins de militer pour une poésie sociale et accessible à tous (les Yeux fertiles, 1936;Cours naturel,1938; Donner à voir, essai,1939). Poète résolument engagé, il prend ses distances avec le surréalisme, rompt avec le mouvement en 1938, pour revenir définitivement dans les rangs du Parti communiste en 1942. Choqué par le massacre de Guernica en 1937, il prend position en faveur de l'Espagne républicaine ("la Victoire de Guernica", Cours naturel, 1938), puis s'engage dans la Résistance. Membre d'un réseau clandestin, animateur du Comité national des écrivains (CNE), il fait de la poésie l'instrument d'un combat contre la barbarie en publiant plusieurs ouvrages dans la clandestinité. Tout d'abord Poésie et Vérité (1942), qui comprend le célèbre poème "Liberté", largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée. On peut aussi citer les Sept Poèmes d'amour en guerre (1943) et Au rendez-vous allemand (1944). Après la guerre, il poursuit dans la voie de la poésie politique procommuniste (Poèmes politiques, 1948).
Dans ces écrits politiques, comme dans les autres recueils poétiques de cette période (Poésie ininterrompue I, 1946; Corps mémorable, 1947;Poésie ininterrompue II, posthume, 1953), Éluard continue à utiliser une écriture tout à la fois simple et empreinte d'éblouissantes métaphores ("La terre est bleue comme une orange") et à revendiquer une philosophie où se marient humanisme et aspirations révolutionnaires.
Référence:"Éluard, Paul," Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2002 en ligne http://encarta.msn.fr http://encarta.msn.fr © 1997-2002 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. _________________ Je donne ... On ne me prend rien ... |
|  | | maïtala "Fille de reine" -Modératrice

   Age : 32 Inscrit le : 05 Déc 2006 Messages : 3105 Localisation : royaume de la poésie Emploi : Fille de reine
| Sujet: L'Amoureuse 23/07/07, 06:33 pm | |
| L'Amoureuse
Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien à dire
(Capitale de la Douleur) (N.R.F.)
Paul Eluard _________________ Je donne ... On ne me prend rien ... |
|  | | maïtala "Fille de reine" -Modératrice

   Age : 32 Inscrit le : 05 Déc 2006 Messages : 3105 Localisation : royaume de la poésie Emploi : Fille de reine
| Sujet: LIBERTE 24/07/07, 10:48 am | |
| Liberté (1942) - Le poème "Liberté" de Paul Eluard fut largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée.
Sur mes cahiers d'écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J'écris ton nom
Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l'écho de mon enfance J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits Sur le pain blanc des journées Sur les saisons fiancées J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur Sur l'étang soleil moisi Sur le lac lune vivante J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon Sur les ailes des oiseaux Et sur le moulin des ombres J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore Sur la mer sur les bateaux Sur la montagne démente J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages Sur les sueurs de l'orage Sur la pluie épaisse et fade J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes Sur les cloches des couleurs Sur la vérité physique J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés Sur les routes déployées Sur les places qui débordent J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume Sur la lampe qui s'éteint Sur mes maisons réunis J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux Dur miroir et de ma chambre Sur mon lit coquille vide J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre Sur ces oreilles dressées Sur sa patte maladroite J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte Sur les objets familiers Sur le flot du feu béni J'écris ton nom
Sur toute chair accordée Sur le front de mes amis Sur chaque main qui se tend J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises Sur les lèvres attentives Bien au-dessus du silence J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits Sur mes phares écroulés Sur les murs de mon ennui J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J'écris ton nom
Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l'espoir sans souvenir J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer _________________ Je donne ... On ne me prend rien ... |
|  | | edutilos "LA VIGIE" Modérateur


   Age : 49 Inscrit le : 16 Juin 2006 Messages : 1657 Localisation : sens Loisirs : regarder ce qui est beau
| Sujet: Re: Paul Eluard 24/07/07, 11:16 am | |
| je me croyais totalement inculte, Paul Eluart je n'avais jamais lu mais non!!! Liberté je le connaissais .... voila un tres bon début pour cette rubrique a suivre avec beaucoup d'intérêt
bisous Denis _________________ être soi même et en faire don
http://edutilos.artblog.fr/home/ hihi |
|  | | Lonae "LA MASCOTTE"


   Age : 101 Inscrit le : 16 Juin 2006 Messages : 574 Localisation : Les yeux rivés sur la Lune...
| Sujet: Re: Paul Eluard 24/07/07, 07:01 pm | |
| Celle de toujours, toute
Si je vous dis : " j'ai tout abandonné " C'est qu'elle n'est pas celle de mon corps, Je ne m'en suis jamais vanté, Ce n'est pas vrai Et la brume de fond où je me meus Ne sait jamais si j'ai passé.
L'éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux, Je suis le seul à en parler, je suis le seul qui soit concerné Par ce miroir si nul où l'air circule à travers moi Et l'air a un visage aimant, ton visage, A toi qui n'as pas de nom et que les autres ignorent, La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi, Les astres te devinent, les nuages t'imaginent Et le sang de la générosité Te porte avec délices. Je chante la grande joie de te chanter, La grande joie de t'avoir ou de ne pas t'avoir, La candeur de t'attendre, l'innocence de te connaitre,
O toi qui supprimes l'oubli, l'espoir et l'ignorance, Qui supprimes l'absence et qui me mets au monde, Je chante pour chanter, je t'aime pour chanter Le mystère où l'amour me crée et se délivre.
Tu es pure, tu es encore plus pure que moi-même.
- Ecrit entre Octobre 1924 et aout 1926 -
Ce poème est extrait du recueil "Capitale de la douleur" |
|  | | Lonae "LA MASCOTTE"


   Age : 101 Inscrit le : 16 Juin 2006 Messages : 574 Localisation : Les yeux rivés sur la Lune...
| Sujet: Re: Paul Eluard 24/07/07, 07:06 pm | |
| "Je t'aime"
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud Pour la neige qui fond pour les premières fleurs Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas Je t'aime pour aimer Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte Entre autrefois et aujourd'hui Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie Comme on oublie
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne Pour la santé Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas Tu crois être le doute et tu n'es que raison Tu es le grand soleil qui me monte à la tête Quand je suis sûr de moi.
- Ecrit en 1950 -
Ce poème est extrait du recueil "Le Phénix" |
|  | | maïtala "Fille de reine" -Modératrice

   Age : 32 Inscrit le : 05 Déc 2006 Messages : 3105 Localisation : royaume de la poésie Emploi : Fille de reine
| Sujet: L'Amour, la poésie 30/07/07, 03:35 pm | |
| L'Amour, la poésie
La terre est bleue comme une orange Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s'entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d'alliance Tous les secrets tous les sourires Et quels vêtements d'indulgence À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert L'aube se passe autour du cou Un collier de fenêtres Des ailes couvrent les feuilles Tu as toutes les joies solaires Tout le soleil sur la terre Sur les chemins de ta beauté. _________________ Je donne ... On ne me prend rien ... |
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